Kinshasa : des avis divergent sur la célébration du 8 mars !

Kinshasa : des avis divergent sur la célébration du 8 mars !

Depuis des années, la Journée internationale de la femme fait l’objet des controverses multiples. A Kinshasa, ladite journée continue à faire couler encre et salive dans plusieurs ménages et dans certains coins de la capitale. Cependant, la conception même de cette journée divise et demeure sombre, à telle enseigne qu'elle suscite querelle et problème pour certains, et est conçue comme une journée de dérapage autour du port des pagnes, par les dames et jeunes filles. Mais, qu'est-ce réellement ? Quel est son impact par rapport à l'avenir de la Femme professionnellement, socialement ?

 

De coutume, incarnée comme ''journée porte-pagne'', la journée du 8 mars, du moins à Kinshasa, est caractérisée par le port de pagne par les femmes et jeunes filles à l'école, dans les rues, Institutions, bars, etc. Ce faisant, toute femme est censée s'habiller en tenue conforme pour, d'une part, se valoriser, se mettre en avant-plan, partant être à la mode. Et, d'autre part, éviter simplement de se faire huer sur la voie publique. A la question de comprendre sa raison d'être, il semble que plusieurs personnes l’ignorent, à commencer par les femmes elles-mêmes.

D'ailleurs, ce sont souvent elles qui, pour la plupart, sont les premières à faire de cette journée une montagne sans pour autant en saisir la quintessence, avance un penseur de la place publique. Cherchant à mettre les points sur les ''i'', nous nous sommes approchés des Kinois et Kinoises, de divers métiers, en vue de tirer quelques mots de leur bouche sur l'avenir de la femme dans la société, l'impact et l'apport du 8 mars dans l'évolution de la Femme.
Jean-Pierre, âgé de 28 ans, lui, prête ses mots en faveur de la femme et de cette journée. '' Moi, je trouve cette journée importante puisqu'elle met en valeur la femme, elle la valorise, elle qui est une fleur à protéger''.

S'agissant de la signification de cette journée, M. Gérard dit Gétro par les proches, vendeur ambulant sur le Boulevard du 30 juin, déclare futile et insignifiante cette journée. Car, elle n'apporte que des dépenses inutiles aux hommes. Les femmes ne font rien d'autres que d'improviser des sorties pour paraître.
A son humble avis, cette journée devrait soit être réorientée autrement en réunissant les femmes et jeunes filles autour des conférences ou carrément la supprimée.

En ce qui la concerne, Marie-Thérèse Eyenga, vendeuse de pagne, elle trouve importante la journée du 8 mars, puisque autour de ce jour son commerce fleurit, elle réalise des recettes. Cependant, en ce qui concerne l'impact de cette journée sur l'évolution de la femme, cette dame ajoute que la journée vaut son pesant d'or du fait que, grâce à elle, les femmes sont plus considérées, plus libres et peuvent accéder à des postes politiques élevés. Seulement, renchérit-elle, cette journée doit être organisée de manière à éveiller la conscience des femmes. ''Je constate que les ateliers et événements ne considèrent que les femmes intellectuelles et nous négligent. Et, pourtant, nous aussi, nous avons besoin de connaître nos droits et nos capacités en vue de les transmettre à nos filles. Sinon, la journée en elle-même n'a rien de mal''.

Tout compte fait, les avis sur la nécessité de cette journée divergeront toujours, simplement, estiment les uns et les autres, la journée ne devrait pas se limiter au port des pagnes ; on devrait saisir cette opportunité pour sensibiliser toutes les femmes sur les problèmes qui les préoccupent. Et, ce faisant, les pousser à s’organiser pour défendre leurs intérêts, par catégories socioprofessionnelles bien entendu.

Gracia Kindji

 

Pin It